A
l'extrême sud de la Bourgogne, le pays Charolais-Brionnais recèle un
patrimoine d'une richesse insoupçonnée: plus de cent églises et chapelles
entièrement ou partiellement romanes, édifiées aux XIème et XIIème siècles,
sur un territoire restreint qui représente à peine un quart de la Bourgogne
du sud. Cette densité est si exceptionnelle que l'on a pu parler d'un
véritable " jardin roman ".
Ces églises et chapelles
témoignent de la longue histoire des communautés rurales dans les campagnes
françaises. Chacune a des traits de caractères et une atmosphère qui
lui sont propres; mais c'est l'ensemble qui est véritablement impressionnant.
Au coeur de ce pays,
la basilique de Paray-le-Monial, édifiée aux XIème et XIIème siècles,
est un véritable chef-d'oeuvre de l'art roman, image unique, en Europe,
de la grande abbatiale de Cluny qui fut la plus grande église de la
Chrétienté, à l'époque médiévale, tragiquement détruite après la Révolution
française. La perfection des formes architecturales, à Paray-le-Monial,
reflète la splendeur clunisienne. Un rêve immense qui avait voulu rendre
visible sur terre, dans un monde rempli de violences et de désordres,
les harmonies du Ciel et la perfection d'une inaccessible beauté.
Autour de Paray-le-Monial,
le rêve se concrétise dans une multitude d'églises romanes, plus humbles
mais infiniment attachantes qui témoignent du formidable élan de la
foi chrétienne et du savoir-faire maîtrisé des bâtisseurs romans.
Le chapelet des églises
romanes en Charolais-Brionnais est impossible à égrener. Faute de pouvoir
toutes les reconnaître, on retiendra, en Charolais: Perrecy-les-Forges
au narthex puissant, Gourdon à l'architecture lumineuse, Mont-Saint-Vincent,
obscure et austère, Issy-l'Evêque dont la perfection acoustique est
un émerveillement.
En Brionnais, l'efflorescence
de la sculpture est admirable: à Montceaux-l'Etoile, Anzy-le-Duc, Semur-en-Brionnais,Iguerande et Bois-Sainte-Marie, les chapiteaux rappellent avec force
l'af-frontement incessant entre les forces du Bien et du Mal, tandis
que, sur les tympans, le Christ en Gloire évoque la fin de l'histoire
du Monde, dans la vision finale de l'Apocalypse.